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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 06:26

Ecoutez la conférence - débat qui s'est tenue au lycée avec la participation de la Terminale S 7 et de Claudine Burton-Jeangros, professeure à l'Université de Genève et Alessandro Diana, pédiatre, infectiologue et membre expert à InfoVac Suisse.

Découvrez de précieuses informations sur le principe de la vaccination et les différents types de vaccins.

Cliquez sur le lien : Vaccination : entre progrès, polémiques et idées reçues

 

Quelques extraits :

Quelles sont les étapes obligatoires à valider avant de commercialiser un vaccin?

Alessandro Diana : Il existe en effet des étapes obligatoires, c’est ce qu’on appelle les phases d’étude.

La phase 1, pour tout médicament et vaccin, consiste à prouver l’innocuité du produit sur l’être humain. Avant de le tester sur l’être humain vous devez le tester sur l’animal, cela permet d’avoir des données. En général une phase 1 implique jusqu’à 50 patients. Vous devez prouver que le produit en question n’est pas dangereux.

Après vous avez la phase 2, c'est-à-dire une fois qu’on a passé la phase d’innocuité, on cherche certains éléments sur un plus grand nombre de personnes. C’est ici que les statisticiens nous aident pour dire si ce vaccin a un effet, autrement dit, est-ce qu'il donne des anticorps, est-ce qu'il y a une réponse… On élève un peu le seuil et puis ensuite on passe évidemment à une phase 3 avec un seuil encore plus important et suivi dans le temps, on va voir si au bout de 2 ou 3 ans les individus n’ont pas perdu leurs cheveux ou d’autres problèmes… C’est donc à partir du moment où vous avez passé ces phases 1, 2 et 3 qu'on se dit prêt, on a des données suffisantes pour mettre le vaccin ou le médicament sur le marché.

Mais ça ne s’arrête pas là, il y a ce qu’on appelle la phase 4, c'est-à-dire la phase post-marketing. Il y a toute une surveillance qui continue à se faire car ce médicament (ou vaccin) n’est plus étudié sur une puissance de 100000 personnes, qui est déjà pas mal, mais vous pouvez avoir un effet secondaire qui se produit sur 1 patient sur 10 millions et ça vous ne pouvez le savoir que si vous avez donné 10 millions de doses.

Il n’est pas rare que des médicaments, contre l’inflammation ou autres, après des années sur le marché, soient retirés parce qu’on estime que de mourir d’un infarctus (par exemple) dans 1 cas sur 10 millions, alors que vous avez l’équivalent du médicament qui est “safe”, ça ne sert à rien.Haut du formulaire Ainsi la phase 4 permet de dire aux autorités qu’il faut retirer un médicament du marché si on a prouvé une certaine dangerosité qu’on n’aurait pas vu avant. La phase 4 est donc éternelle puisqu’on peut trouver un effet secondaire des dizaines d’années après la mise sur le marché du médicament.

 

FAUT-IL ETRE SCEPTIQUE VIS-A-VIS DE LA VACCINATION ?

Claudine Burton-Jeangros : Le scepticisme par rapport à la vaccination touche principalement les pays riches car leurs conditions sanitaires sont favorables aux soins des malades. Donc les maladies connues comme la rougeole par exemple ne font plus peur car elle peuvent être traitées et soignées. En effet lorsque Ébola est apparu, tout le monde voulait un vaccin, car cette maladie étant peu connue, elle faisait peur à la population. En Afrique, par exemple, la situation est largement différente. Tous les habitants espèrent pouvoir se faire vacciner car les conditions sanitaires sont si peu élevées que les malades ne sont pas bien pris en charge la plupart du temps, les maladies se répandent donc facilement jusqu’à parfois entrainer des épidémies et de nombreux morts. Ainsi le scepticisme concernant la vaccination est un « luxe des pays riches » car la qualité des soins dans ces pays est très bonne.

Alessandro Diana : Les médecins peuvent faire des erreurs, en effet la médecine évolue constamment. Si on prend l’exemple de la coqueluche, cette maladie a longtemps été considérée par les médecins comme une maladie infantile car elle tue les bébés de moins de 6 mois, mais les médecins se sont ensuite rendus compte qu’elle circulait aussi chez les adultes. Donc au lieu de seulement vacciner les enfants de moins de 6 mois ils ont décidé de faire vacciner les adultes et les adolescents afin de protéger les bébés de la maladie. Mais ils se sont vite rendus compte que même en étant vaccinés contre la coqueluche, les adolescents et les adultes pouvaient contracter la maladie, de manière moins prononcée, mais qui pouvait tout de même être transmise aux nouveau-nés et par conséquent les tuer. Ce sont ensuite les études post-marketing qui ont permis aux médecins de se rendre compte que si une femme enceinte se fait vacciner contre la coqueluche, il y a plus de 96% de chance que le bébé ne contracte pas la maladie, car la femme transmet ses anticorps au bébé.

La vaccination tout comme la médecine évolue. Elle nous permet d’être protégés contre certaines maladies, parfois mortelles, et c’est aussi un moyen pour nous de protéger les autres en évitant de contracter la maladie et de leur transmettre ensuite.

 

 

Fake News !!

Quand on recherche des réponses à nos problèmes sur internet, souvent la question se pose : Comment déceler une fausse information ?

Alessandro Diana : Tout d'abord, il est nécessaire d'avoir accès au nom de l'auteur de l'article qu'on lit ainsi qu'un moyen rapide de le contacter pour qu'il puisse répondre à nos questions (e-mail). Ensuite, pour s'assurer que l'information est vraie, il faut que l'information soit relayée par au moins trois autres sources différentes. Il faut toujours être critique par rapport à une information trouvée. En cas de doute, il est conseillé de consulter un professionnel.

Médecine alternative, non conventionnelle et non allopathique, qu'en penser ?

Cette médecine désigne une grande variété de méthodes de traitement, souvent issues de traditions anciennes (exemple : acupuncture) ou de pratiques ayant émergé aux environs du XIXe siècle (exemple : hypnose, ostéopathie, homéopathie).

L'avis du Dr Alessandro Diana : il est nécessaire d'avoir des passerelles entre ces différentes médecines, ce qui permet parfois de mieux supporter des traitements.

Un vaccin contre le VIH ?

Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est un rétrovirus infectant l'humain et responsable du syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) qui est un état affaibli du système immunitaire le rendant vulnérable à de multiples infections opportunistes.

Dr Alessandro Diana: La conception de ce vaccin est très avancée. Un des acteurs de son avancée est un centre sur Lausanne qui est très actif dans la recherche. Il serait ainsi très probable d'avoir une commercialisation de ce dernier dans 8 à 10 ans. Pour le moment, le meilleur moyen de se protéger de ce virus est l'utilisation du préservatif.

 

 

Propos retranscrits par Sonia Bahi, Clémence Pernette et Aurore Buff.

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Published by lebioblog - dans BIOACTU

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